Wednesday, March 22, 2017

Biarritz 08-70 Hongrie-Afrique-France


correspondance avec André lettre 18


Wednesday, March 15, 2017

correspondance avec André lettre 16



Wednesday, March 08, 2017

correspondance avec André lettre 15





correspondance avec André lettre 13


Monday, March 06, 2017

06-03-17 lendemain de la date civile du jour anniversaire de la naissance d’André

06-03-17

Hier, le cinq mars deux mil dix-sept, était la date (civile) du jour anniversaire de la naissance d’André.

Un élève d’André, Mickaël Volpe, compositeur et pédagogue, avait organisé un colloque à l’Académie de Musique de Jérusalem. Il avait invité une dizaine de personnes, qui furent des élèves, connaissances, et collègues d’André à raconter leurs liens avec lui. Selon la nature de leurs relations avec André, relations musicales, amicales, et professionnelles, ils commentèrent en interprétant. Chacun donna son point de vue, qui, comme tout point de vue, n’éclaire qu’une direction.

Au début de l’après-midi, après la conférence d’un compositeur, Gideon Levinson, qui avait beaucoup fréquenté André, le ton monta, et une tension s’est créée. Gideon Levinson, dont les dires avaient provoqué ces réactions, avait énormément travaillé sur son texte, dans un hébreu littéraire et difficile. Les réactions ont été assez violentes. Sa manière de vouloir clarifier en expliquant les œuvres et les comportements d’André, a provoqué, même chez moi, une irritation. Je réussis à parler, en hébreu, après toutes les interventions du public, très ému, car je n’ai pas l’habitude de parler dans de tels évènements pour donner du jeu à ce qui venait de se passer, en disant : « André me parlait souvent, quand je le poussais à se définir davantage, qu’il sentait qu’il était comme un nuage (le nuage ayant une forme indéfinissable), qui pouvait prendre n’importe quelle forme ». Mon intention était de brouiller les impressions faites par le discours de Gideon pouvaient laisser sur le public. Trop de définitions peuvent fixer et enlever le « jeu » qu’André avait cherché toute sa vie. Eviter la fixité qui rend mortelle la vie.

Le colloque s’est terminé à dix-huit heures, et nous sommes partis avec Ruth en direction d’une petite ville, Savion, où devait se donner un concert avec des œuvres d’André. Le concert fut long, émouvant. Beaucoup de musiciens participèrent, pianistes, violoncellistes, chanteurs.

Yaïr Hajdu, son fils aîné, présenta la soirée, en détaillant et en expliquant les différentes facettes de la personnalité musicale d’André. Il joua et chanta une chanson de Brassens à la guitare. Il interpréta « le Plat Pays » de Jacques Brel, en étant accompagné par une très bonne pianiste, qui fait partie de l’association des professeurs de piano. Cette association a beaucoup travaillé pour promouvoir les œuvres pédagogiques pianistiques qu’André a composées, continuant la tradition de Bartók. Yaïr avait donné des concerts avec son père, concerts entièrement fondés sur les chansons de G. Brassens et de J. Brel.

André racontait qu’il avait appris le français en arrivant à Paris, habitant chez son oncle, le frère de sa mère, en écoutant les chansons de Brassens.

Les traductions des poèmes ont été faites par André, son fils continuant à traduire les textes de ces merveilleux poètes.

Cette journée et cette soirée autour d’André se termina. Je revins à Jérusalem dans la voiture de Yoni Niv, élève très proche d’André, violoncelliste, avec qui je voudrais enregistrer un disque à partir des soixante-dix-huit pièces de guitare écrites par André. Yoni, est un très bon musicien et improvisateur, je voudrais, dans le disque que je me propose de faire avec lui et Yaniv S., improviser pour élargir, c’est-à-dire souffler comme on gonfle un ballon, ces pièces.   

 



prospectus André 06-03-17




biographie d'André en hébreu 06-03-17







Sunday, March 05, 2017

Blog pédagogique "Microcosmos pour Guitare" André Hajdu



https://www.youtube.com/watch?v=n_rv4GdFWeE

Wednesday, March 01, 2017

28-12-17 PENSER COMME UNE PAGE DE TALMUD


PENSER COMME UNE PAGE DE TALMUD

Je prends mon sac à dos et marche vers les voies de chemins de fer où ont été installées des anciennes stations de bus transformées en bibliothèques. C'est mon chemin habituel pour aller assister aux cours de Daniel Epstein qu'il donne à Matan.
Ces bibliothèques sont là pour que les livres circulent. Je m'y arrête chaque fois et suis toujours agréablement étonné de trouver des livres merveilleux, me demandant quelles sont les raisons pour lesquelles les gens les abandonnent.

J'y ai trouvé un livre de Jean Tardieu. En le feuilletant il a fait ressurgir en moi le souvenir des préoccupations qu'André a eu la dernière année de sa vie : ces rapports avec le langage et l'articulation des consonnes et des voyelles !
Il imageait ses explications en me racontant comment le "I" était droit, le "O" arrondi avec forces mouvements et exagération des muscles du visage. 
J'étais fasciné et nous avons organisé une conférence sur ce sujet dans mon studio à Haoman Haï.
Dans le livre de Jean Tardieu, j'ai relevé une phrase :
"Frappel avait remarqué que bien souvent la valeur sonore des mots ne correspond pas exactement à leur sens. C'est que pour lui l'onomatopée était le langage parfait (« blabla - tralala – plouf ») avait-il coutume de dire.  Voulant signifier par-là que le langage cérémonieux des adultes avait fait naufrage. Pour remédier à cette décadence et rajeunir le vocabulaire, il proposait de redistribuer les mots du lexique suivant la sonorité imitative de chacun d'eux. Par exemple le mot « Coffre », en raison de sa masse de son volume de sa puissance lui semblait convenir beaucoup mieux que le mot « train » au véhicule mécanique désigné par ce substantif. Le mot « Flaque » inquiétant et aveugle lui paraissait mieux appliqué que le mot nuit à l'ensemble des représentations suggérées habituellement par ce monosyllabe et ainsi de suite.

Longtemps, André a travaillé sur l'articulation des voyelles, leur signification picturale, non seulement à partir de sa langue hongroise mais aussi du français qu'il parlait parfaitement.
Il me faisait des petits dessins où il plaçait sur un cercle les voyelles
A.E.I.O.U., avec forces mimiques pour que je voie son visage.    
Il écrivait aussi des petites poésies où il appuyait sur la valeur phonétique du mot et de la rime.
J'insistais auprès de lui pour qu'il écrive et explique ses théories.
J'imaginais le livre qu'il aurait pu écrire, non pas comme un livre linéaire mais comme une page de Talmud.
J'ai compris que mon insistance, la manière de penser et le parler d'André, était comme une page de Talmud. Il voyageait du centre du texte aux alentours allant de commentaire en commentaire, sautant les siècles. André ne finissait pas ses phrases, ce qui donnait la liberté et l'incertitude de devoir les finir dans notre tête.

Peut-être, cela venait-il de la vitesse extraordinaire à laquelle son cerveau travaillait.

Jeudi vingt-trois février, j'ai visité Ruth, sa femme, qui était tombée malade et avait dû s’aliter.
C'est ainsi que je suis entré dans sa chambre à coucher er je me suis assis sur une chaise du côté du lit qu'André occupait.
J'étais bouleversé de la voir malade, toussant, essayant de surnager au-dessus des souvenirs. Je n’étais pas entré dans cette chambre depuis sept mois.

En levant les yeux sur la bibliothèque, à côté de son lit, mon regard s'est attardé sur le livre d’Ivan Fonagy « La Vive Voix essais de psychophonétique ». 
Je l'ai emprunté et j'ai commencé à le lire dans l'autobus ce qui m'a fait replonger au temps de nos conversations dans le café "l'Endroit d'Isaac" rue de la Maison du Pain.

Page vingt et un, le statut du style vocal. « 

D'autre part, Moles considère les structures abstraites, constantes, qui sous-tendent la communication comme messages sémantiques, les réalisations concrètes, individuelles, qui constituent l'acte de communication comme messages esthétiques. Ainsi, les règles de la syntaxe, les phonèmes, la partition musicale, le sujet que représente le tableau relèvent de la sphère sémantique, d'autre part, les phrases individuelles, les sons de la parole, une réalisation individuelle de l'œuvre musicale, le maniement du pinceau qui caractérise un peintre véhiculent de l'information esthétique.

Les deux définitions sont à la fois complémentaires et contradictoires. L'œuvre musicale s'oppose en tant que source d'information esthétique à l'œuvre verbale, elle appartient en même temps, sous sa forme abstraite déterminée par la partition, à la sphère sémantique, conformément à la deuxième définition.

Pour éviter de tels chevauchements, on aurait intérêt à distinguer les messages stylistiques que constituent toute réalisation individuelle d'une structure virtuelle, verbale, musicale, picturale ou autre, d'une part, et les messages esthétiques qui relèvent d'un code non verbal, d'autre part.

































Wednesday, February 22, 2017

Zen 22-02-17

Le moment zen

La rupture avec Frédérique et Loulou a provoqué en moi un choc émotif dont j'ai énormément souffert.
J'ai alors décidé de faire du Zen dans un dojo, fondé dans le quatorzième arrondissement par un moine zen venu du Japon, Maître Teshimaru.
J'y allais deux fois par jour pour des séances qui duraient deux heures.
Le Maître insistait beaucoup sur la posture : position assise en tailleur sur un petit coussin. C'était une position très difficile pour moi, mais après quelques temps, j'ai ressenti ses bienfaits corporels.
Mon dos me faisait moins mal et je commençais à comprendre le fonctionnement de mon cerveau, l'immobilité aidant à suivre l'incohérence de ses propres pensées.
Nous étions assis face au mur, les yeux presque fermés, luttant contre les douleurs des jambes. La voix du Maître Teshimaru racontait, dans un anglais japonisant, des histoires du bouddha. La musique de cette voix  permettait à notre pensée de se reposer et à notre corps d'oublier ses douleurs.
J'ai beaucoup appris à écouter grâce à ces moments de méditation.
Quand les douleurs étaient insupportables, il était permis de demander une aide en levant la main, un des assistant du Maître venait derrière nous avec une longue baguette entière bois plate et nous assénait un petit coup sur chaque épaule. Pour nous débutants, nous sentions que ces deux petits gestes nous décontractaient entièrement.

Récemment, j'ai retrouvé sur YouTube les personnes qui ont commencé avec moi cet enseignement. Ils sont aujourd'hui les chefs des mouvements zen en Europe.
J'ai quitté le Maître Teshimaru très dignement en lui serrant la main, ayant été blessé par les remarques antisémites qui circulaient dans les vestiaires. Ces vestiaires où l'on quittait nos vêtements civils pour revêtir les robes de moine.
En devenant moine, j'ai été tondu. Lorsque le Maître m'a donné mon nom japonais, il m'a remis une enveloppe avec une mèche de mes cheveux.
J'ai gardé mes deux robes de moine, la noire du début et la blanche de la fin.

À cette période, André est venu à Paris pour un court séjour. 

Je suis allé le visiter dans sa chambre d'hôtel qui se trouvait à proximité de la rue du Faubourg Montmartre. C'est là aussi que se trouvait une grande partie des restaurants tunisiens.

 J'étais très ému de le voir. Encore sous le choc de ma rupture avec Frédérique, j'ai essayé de lui en parler.

Ce fut une erreur. André n'aimait pas entendre ce genre d'histoire.
Cela m'a rendu triste, ce n'est qu'après des années que j'ai compris que sa propre sensibilité ne pouvait supporter les histoires de rupture passionnelle.